RÉFLEXIONS D'UN CITOYEN

La démocratie est une façon civique de confronter nos idées dans le respect mutuel.

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15
sept 2012
HAITI, UNE NATION EN QUÊTE DE DÉMOCRATIE
Posté dans Liens par konbit à 3:21 | 3 réponses »

par Pratt Vernio MEMNON

HAITI, UNE NATION EN QUÊTE DE DÉMOCRATIE participative1-150x105Le 13 décembre 2007, dans sa résolution A/RES/62/7, les Nations Unies instituent une « journée internationale de la démocratie ». La date du 15 septembre a été retenue pour célébrer cette journée en référence à l’adoption, en septembre 1997, de la « déclaration universelle sur la démocratie » par l’Union Interparlementaire. Une déclaration d’ailleurs qui, d’une part, confirme la dimension internationale de la démocratie et, d’autre part, définit les normes et les principes de fonctionnement d’un gouvernement démocratique. Cette année marque le 4e anniversaire de cet événement qui nous touche au plus haut point. Car qui d’entre nous n’aspire pas à voir Haïti devenir la plus grande démocratie de la Caraïbe? Mais celle-ci demeure plus critique que jamais?

La semaine dernière, le destin a voulu que mes pas croisassent ceux d’un vieil ami que je n’ai pas vu depuis une trentaine d’années.

Les retrouvailles ont été intenses, remplies de nos souvenirs d’enfance et d’adolescence, mais elles ont surtout eu une teinte politique, car mon ami incarne cette génération d’Haïtiens qui croyaient dur comme fer qu’au lendemain de l’historique 7 février 1986, Haïti allait enfin devenir membre du « club des pays démocratisés ». L’actualité récente du pays est passée au peigne fin. De l’installation du dernier premier ministre à la révision constitutionnelle en passant par les militaires démobilisés et le renforcement de la police nationale, la lutte contre le blanchiment d’argent et les fraudes fiscales, la composition du conseil électoral permanent et les prochaines consultations électorales, l’insécurité sociale et alimentaire, la crise politique larvée entre le parlement et le gouvernement, le carnaval des fleurs, la reconstruction du pays, la dégradation de l’environnement et j’en passe.

Démocratiser Haïti lui dis-je, n’était-ce pas notre rêve, notre désir le plus profond quand nous avions montré la porte de sortie à l’idéologie duvaliériste? Alors, comment expliquer que ce grand idéal a perdu petit à petit ses valeurs dans nos déblozailles politiques? Vivre en démocratie, répond-il, ce n’est pas évident. Cela l’est encore plus difficile quand vous avez un peuple à qui on a toujours appris à ne jamais questionner l’autorité, à obéir aux parents et aux enseignants, aux hommes d’Église et aux autorités. À la moindre turbulence, le peuple s’en remet tout naturellement à ses guides spirituels et politiques et la « bamboche démocratique », bien intentionnée peut-être, manquait sans doute d’un leadership fort pour l’encadrer, la canaliser vers un changement véritable, sans tomber dans le chaos et le libertinage politique. Le pays est devenu malheureusement un terreau fertile de pensées politiques marquées de rivalités entre forces progressistes et forces rétrogrades, entre l’improvisation et l’amateurisme. Cela explique d’ailleurs pourquoi il y a autant d’embuches, aujourd’hui encore, qui retardent l’avancée haïtienne vers la démocratie ?

Autant dire que nous avions fait du lavé men, siyé atè (travailler en vain) ? Oui. Nous avions perdu notre temps et nous avions gaspillé nos énergies à haïtianiser la démocratie plutôt qu’à démocratiser Haïti en privilégiant nos intérêts individuels au détriment d’une participation collective aux affaires politiques du pays, laquelle participation collective aurait été nécessaire pour une meilleure inclusion de la masse populaire dans les dispositifs de démocratisation. La massification, signe d’une société mature, est une réponse certaine à l’altération de la cohésion sociale et à la conceptualisation de l’exclusion économique. Elle n’est en réalité que le débordement d’une responsabilité citoyenne acquise dans l’intimité de notre appartenance culturelle. Elle est le fruit d’une sève nationaliste qui irrigue tout le corps social d’un pays. Dès lors, la démocratisation ne s’évalue plus à partir de mon moi totalitaire, mais à partir du nous participatif. Après tout, c’est dans l’intégration socio-économique que se déploie la puissance d’une nation.

Que veux-tu dire ? Après un long moment de silence et de réflexion, il fait le tour de tous les régimes démocratiques en mettant en exergue les sociétés civiles organisées et l’implication effective et patriotique des élites politiques, économiques et intellectuelles de ces pays. L’architecture de la société haïtienne, héritée des sociétés esclavagistes, laisse libre cours à des forces occultes qui transforment nos victoires collectives d’hier en des héritages exclusifs à leurs clans. Il y a ceux qui croient que le pouvoir économique, tout comme le pouvoir politique, leur revient de droit, alors que la masse populaire est laissée à la porte du travail et de la modernité, livrée à l’assistanat international.

Il faut admettre qu’établir une société démocratique demande toujours un effort ? Certainement et c’est dans cet effort réalisé jour après jour pour consolider la démocratie que se reconnaît et s’apprécie le choc des idées. Mais pour Haïti, quelle démocratie ? La déclaration universelle sur la démocratie par l’union interparlementaire est certainement la plus apte à nous donner réponse. Toutefois, la démocratie pour Haïti est là, présente dans les profondeurs de notre âme haïtienne. Elle a certainement besoin d’être stimulée, mais surtout elle a besoin d’un tremplin pour bondir dans toute sa perfection, dans toute son authenticité. Nous devons arrêter de mimer la démocratie occidentale pour privilégier notre démocratie propre « une démocratie citoyenne ». Cette démocratie citoyenne n’est pas simplement une forme de gouvernement qui définit les normes de gestion politique, elle est une réponse à la marginalisation des plus vulnérables socialement et économiquement. Elle se nourrit de nos valeurs culturelles et patriotiques additionnées. Elle prône l’engagement individuel comme outil de participation citoyenne et elle force les élites à modeler leurs actions sur les valeurs qui ponctuent le quotidien de la majorité silencieuse. Nous devons la vivre d’abord dans notre milieu pour ensuite la faire rejaillir sur l’ensemble de la nation. La démocratie citoyenne est la voie de l’avenir pour Haïti. C’est elle qui décastérise l’économie et qui donne au peuple l’audace et la force de dépasser leurs réticences et leurs inquiétudes pour s’engager citoyennement dans la vie démocratique de leur pays.

Quels sont tes sentiments pour l’avenir démocratique du pays ? Je souhaite fortement que la reconstruction d’Haïti ravive en chacun et chacune de mes compatriotes le désir de vivre radicalement en démocratie, pas n’importe laquelle, celle qui est le cœur et la source d’équilibre de toute société moderne, celle qui propulse notre nation vers l’avant et lui permet jour après jour de s’enraciner dans la justice sociale, la répartition équitable des richesses, le développement économique, la responsabilité écologique, la séparation effective des trois pouvoirs. Telles sont les principales fondations sur lesquelles nous devons construire la nouvelle charpente d’Haïti.


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3 réponses:

  1. réussir certification adwords écrit:

    Un article très instructif !
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  2. Technitoit écrit:

    Excellent article ! Bonne continuation

  3. Merci pour vos commentaries. Continuez a nous lire.

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